Contrairement aux robots qui deviennent de jour en jour plus humains, ou à leurs compagnons à quatre pattes, notre batterie ne se recharge pas si facilement du jour au lendemain. Et l'on ne résout pas un problème en un tour de main avec un tournevis. C'est pourquoi nous devons apprendre à prendre soin de nous, précisément dans le domaine si exigeant du travail. Quand nous sentons-nous stimulés et bien occupés par notre travail – et quand est-ce en réalité de trop, au point de constater que nous dépassons régulièrement nos limites ?
Reprenons depuis le début : que disent les études sur le sujet ?
Que le travail, facteur important en temps comme en contenu, ait une influence essentielle sur notre santé n'a rien d'une nouveauté. Le travail a fondamentalement le potentiel d'agir positivement sur la santé psychique : il favorise l'activité et la compétence, offre des possibilités de coopération et peut être une source de reconnaissance sociale. Il remplit ainsi d'importantes fonctions psychosociales – et c'est déjà un grand plus. Avec l'accélération et l'intensification croissantes du monde du travail, il convient toutefois de veiller à plusieurs choses pour notre bien-être à long terme. La numérisation s'accompagne notamment de changements fondamentaux qui font peser de nouvelles contraintes sur les personnes actives. Le rythme de travail globalement croissant entraîne également des exigences personnelles plus élevées : disposer toujours des connaissances les plus récentes tout en restant aussi flexible que possible. Cela ouvre bien sûr de nouvelles possibilités au quotidien professionnel – mais aussi de nouveaux risques. C'est pourquoi Promotion Santé Suisse mène depuis 2014 des enquêtes régulières sur le stress lié au travail et étudie ses liens avec la santé et la productivité des personnes actives.
Passons aux faits : que disent les chiffres ?
Près d'un tiers des personnes actives (29,6%) déclarent avoir davantage de contraintes que de ressources sur leur lieu de travail. Ce déséquilibre perçu individuellement entre contraintes et ressources est ce que nous désignons classiquement par «stress». La tendance de ces dernières années va dans une direction défavorable : depuis 2014, la valeur moyenne du stress ne cesse d'augmenter ; en moyenne, les contraintes sur le lieu de travail ont donc constamment augmenté et les ressources constamment diminué au fil des ans. Il en va de même de la part de personnes actives qui se sentent émotionnellement épuisées – et cet indicateur est particulièrement important pour l'état des salariés. Selon leurs propres déclarations, 28,7 pour cent se sentent émotionnellement épuisés, ce qui représente près d'un tiers de toutes les personnes actives.
Et qu'est-ce que cela signifie pour nous et notre travail ?
Il est d'abord important de se pencher sur ce sujet. Nos conditions de travail figurent – outre les contraintes privées, bien sûr – parmi les principaux facteurs d'influence du stress et de l'épuisement émotionnel. Ces conditions de travail défavorables peuvent, à la longue, entraîner de sérieuses conséquences pour la santé : l'épuisement émotionnel consécutif au stress compte ainsi parmi les caractéristiques principales d'un burn-out. Au bout du compte se pose bien sûr la question : que pouvons-nous faire pour réduire le stress, éviter l'épuisement émotionnel et prévenir ainsi des conséquences graves comme un burn-out ? Ce sont ces questions que nous aborderons dans nos prochains articles.

Avez-vous parfois le sentiment de devoir être toujours joignable, toujours à la pointe de la technique, toujours au meilleur de votre forme ? Et finalement d'accomplir toujours plus en toujours moins de temps ? Souvent, et de plus en plus souvent, nous avons l'impression de devoir – à l'image de chaque nouvelle technologie comparée à la précédente – gagner encore un cran d'efficacité dans notre travail. Encore plus vite, encore plus flexible, encore plus innovant. Car il reste bien une marge de progression, non ?


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