Chez Vanillaplan, nous trouvons formidable qu'il existe un jour dans l'année où les métiers artisanaux sont au centre de l'attention ! Nous apprécierions qu'une telle journée existe aussi en Suisse et en profitons donc pour éclairer ici, ce jour-là, différents métiers artisanaux. Nous souhaitons ainsi interviewer chaque année, à la Journée de l'artisanat, différents groupes professionnels et rassembler la manière dont ils perçoivent leur métier, ce qu'ils y apprécient et quelles possibilités professionnelles existent. Cette année, nous avons choisi les métiers de charpentière, de plâtrier et d'électricien et avons recueilli beaucoup d'informations passionnantes lors des entretiens. C'est parti !
Charpentière, plâtrier, électricien – un rêve d'enfance ?
Plutôt pas, malheureusement. Aucun des trois artisans interrogés n'était certain depuis l'enfance de vouloir exercer un jour son métier actuel. La direction générale – exercer un métier manuel et travailler en plein air avec une activité physique – était toutefois assez tôt claire pour tous. Après avoir vraiment découvert le métier grâce à un stage d'observation ou par des connaissances travaillant comme artisans, tous trois étaient convaincus de vouloir l'exercer plus tard. À la fin de leur scolarité, tous ont finalement commencé l'apprentissage, vécu comme majoritairement positif, même si parfois éprouvant. Les vacances peu nombreuses par rapport à l'école et le travail physique plus intense ont surtout été ressentis comme difficiles au début.
Une journée type de charpentière, de plâtrier et d'électricien – et ce qui est chouette là-dedans
Ce que les trois apprécient le plus dans leur métier, c'est que le travail est varié, aux multiples facettes, et se déroule toujours à des endroits différents.
La charpentière souligne positivement qu'elle peut toujours améliorer quelque chose dans son travail. Elle travaille justement sur une charpente vieille de 800 ans et trouve formidable de voir comment on construisait autrefois et comment on peut faire mieux avec les moyens actuels. Elle trouve aussi le travail sur le toit très beau – notamment à cause de la vue.
Le plâtrier apprécie particulièrement dans son métier de pouvoir aussi réaliser des travaux créatifs comme le revêtement mural ou les techniques d'enduit.
Ce que l'électricien préfère dans son travail, c'est de pouvoir être souvent en déplacement et de ne pas être lié à un seul endroit. Il trouve particulièrement passionnant que des innovations arrivent sans cesse, que chaque journée soit différente et qu'il ait de nombreuses possibilités de formation continue dans son domaine.
Les aspects négatifs des métiers artisanaux
Ici aussi, les trois citent des choses similaires : tous ressentent le travail physique comme éprouvant et souvent moins agréable.
Pour la charpentière, qui travaille en grande partie à l'extérieur, sur le toit, la chaleur estivale ou le froid hivernal sont le plus grand problème. On s'habitue toutefois assez vite à ces conditions.
Le plâtrier cite surtout l'enduit de base comme activité moins plaisante de son métier, en raison de l'effort physique et de l'absence de possibilités créatives.
Pour l'électricien, le rainurage et le burinage font partie des travaux les moins agréables, également en raison de l'effort physique.
Métiers artisanaux et famille – le temps partiel est-il possible ?
Tous rapportent de manière concordante qu'en raison de la difficulté de planification du côté de l'entreprise, le travail à temps partiel est plutôt rarement possible. Idéalement, un mandat devrait être suivi du début à la fin, ce qui rend difficile un taux d'activité inférieur à 80 pour cent. Les personnes interrogées soulignent toutefois la bonne conciliation entre profession et famille, puisqu'on ne travaille ni le samedi ni le dimanche et que tout le week-end est donc libre.
Pour toujours sur le chantier ? – Avenir et possibilités de formation continue dans l'artisanat
Bien que la question des perspectives d'avenir dans les métiers artisanaux ait été presque la dernière de notre liste, nous avons eu le sentiment que la conversation ne démarrait vraiment qu'à partir de là ! Nous avons été littéralement submergés d'explications sur les possibilités de formation continue et de formations complémentaires.
Dans le métier de charpentier/charpentière, on peut d'une part suivre une formation continue permettant de continuer à travailler sur le chantier, mais dans une fonction dirigeante. Ce serait le chef d'équipe ou le contremaître.
Dans le métier de charpentier/charpentière, on peut d'une part suivre une formation continue permettant de continuer à travailler sur le chantier, mais dans une fonction dirigeante. Ce serait le chef d'équipe ou le contremaître.
D'autre part, on peut obtenir par une formation la maîtrise, qui donne droit à l'indépendance et permet d'assumer davantage de tâches ayant moins à voir avec le travail à l'extérieur sur le chantier.
Il existe en outre la possibilité d'étudier en haute école spécialisée et de se former soit au métier de technicien, qui prend en charge la planification et les dessins, soit à celui d'ingénieur civil spécialisé dans la construction bois.
L'électricien est dans l'ensemble très satisfait des possibilités de formation continue dans son domaine et les décrit comme extrêmement variées comparées à d'autres métiers artisanaux. Il nous parle de la possibilité de devenir chef de projet, ce qui est similaire au contremaître et au chef d'équipe. On peut aussi suivre une formation de télématicien, un diplôme de même niveau mais qui ouvre sur un autre champ professionnel, davantage lié à Internet.
Il évoque lui aussi l'option de passer la maîtrise et de pouvoir ainsi fonder sa propre entreprise. La maîtrise est toutefois assez exigeante, si bien qu'il n'est pas toujours rentable de la faire.
Il considère la maturité professionnelle comme une option judicieuse en principe, mais la plupart de celles et ceux qui exercent un métier artisanal ont de grandes difficultés soit avec les langues, soit avec le calcul. Lui-même, par exemple, a un gros problème avec les langues. Comme la maturité professionnelle réunit à nouveau les deux, cela représente pour beaucoup un grand défi et certains n'ont tout simplement pas envie de se replonger par exemple dans le français. Cela demande donc un réel effort et ne vaut la peine que si l'on veut vraiment poursuivre des études ensuite et faire tout autre chose.
De plus, la préparation à la maturité professionnelle pose dans certains cas un problème financier autant que temporel. Certaines entreprises versent un salaire moindre, puisqu'on passe une demi-journée ou une journée entière à l'école plutôt qu'en entreprise. Avec un salaire déjà plutôt bas, c'est un vrai problème. À l'inverse, il existe aussi des entreprises qui encouragent fortement la maturité professionnelle et offrent par exemple un montant de 1000 francs comme incitation à la réussite. Cela dépend donc beaucoup de l'entreprise.
De manière générale, il estime que c'est une bonne possibilité de suivre formations et perfectionnements pendant le travail, donc en cours d'emploi. C'est nettement plus proche de la pratique, on apporte déjà une expérience professionnelle et on sait comment cela se passe sur le chantier.
La charpentière partage cet avis. Elle ne regrette pas du tout de ne pas être allée au gymnase, parce qu'il existe aujourd'hui de si bonnes options. La crainte de faire un apprentissage, de vouloir ensuite étudier malgré tout et de rester coincée pour toujours dans le métier est aujourd'hui relativement infondée. On peut sans problème faire la maturité professionnelle ou la passerelle et étudier au final quelque chose qui n'a rien à voir avec les métiers du bâtiment. Et ce en un temps relativement court, puisque l'apprentissage dure aussi longtemps que le gymnase, avec l'avantage qu'un diplôme du gymnase ne donne pas grand-chose, alors que l'apprentissage ouvre de nombreux droits. C'est pourquoi elle trouve le choix de commencer un apprentissage très bon.
Nous remercions chaleureusement les trois d'avoir pris le temps de notre interview durant leur pause de midi !

Le 18.09.2021 se tient pour la onzième fois la «Journée de l'artisanat», journée d'action annuelle en Allemagne. Cette année, sous la devise «Nous faisons ce qui reste – (ton) regard sur l'artisanat», les différents métiers artisanaux et ce que les personnes qui les exercent accomplissent jour après jour sont à l'honneur durant une journée. Il s'agit avant tout d'obtenir un aperçu réaliste du quotidien professionnel et de découvrir les possibilités de carrière dans l'artisanat.



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